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Nov 17

Concilier maladie chronique et travail

 Travail maladie chronique

Pendant de nombreuses années, j’ai été obsédé par le désir de réussite professionnelle. Le travail était une façon pour moi de prendre une revanche sur ma maladie chronique. Le travail me permettait d’être comme tout le monde. J’avais un profond désir  de me prouver à moi-même et à ma famille que ma maladie chronique n’aurait aucun impact sur mon travail et ma vie professionnelle en général. J’avais le désir de prouver que même malade, on peut réussir aussi bien voir mieux que les autres. Après 14 années de travail, cette volonté m’a permis d’avoir une belle carrière sur le papier. Six métiers différents mais cohérents, 5 entreprises différentes, un statut de cadre, des responsabilités, un salaire correct, un beau CV sans fausse note, et surtout la fausse croyance d’être à l’abri du chômage.

A noter que je ne reniais pas la maladie sur le plan privé, car je prenais bien les traitements prescrits par mon médecin. D’ailleurs les périodes de rechutes et les arrêts maladies (lorsque j’acceptais de les prendre) ne se privaient pas de me rappeler à l’ordre.

Mais toute cette belle « réussite professionnelle » (que je mets volontairement entre guillemets car ça n’a plus aucune importance à mes yeux aujourd’hui)  m’a coûté très cher ces trois dernières années ; Les déplacements, les salons, les diners de travail, le travail à domicile et certains week-ends, une moyenne de 11 heures par jour de travail, des nuits blanches, du stress et un absentéisme chronique auprès de ma famille.

Les conséquences sur mon état de santé, de ce travail acharné et inadapté par rapport à ma santé, ont failli me coûter la vie ; Burnout, rechutes et arrêts maladies de plus en plus rapprochés, pour finir par une dépression sévère avec des idées de suicide qui vous traversent l’esprit.

 

Oui, lorsqu’on est atteint d’une maladie chronique ou qu’on devient malade du jour au lendemain, faire l’autruche par rapport à son travail peut s’avérer très dangereux. Alors il est temps de se poser les bonnes questions :

Dois-je parler de ma maladie à mon employeur ? Travail et maladies chroniques sont-ils compatibles ? Quel travail ou métier puis-je faire ? Comment préserver mon capital santé ? Dois-je me reconvertir ? Qui peut m’aider ?

Les questions sont nombreuses et j’en oublie probablement de nombreuses. Avant d’y répondre, il est nécessaire de faire un point sur sa situation. Commençons donc par cette première étape.

Faire un bilan sur votre santé

Cela consiste à faire le point sur l’ensemble des contraintes que vous impose votre maladie ; nombre de visites chez le médecin traitant et les médecins spécialisés (kinésithérapeute inclus), nombre d’heures de sommeil préconisé (pour le connaître il faut être à l’écoute de son corps), fragilité du système immunitaire, fragilité de certaines parties du corps en particulier (bras, dos, poumons, rein, etc.), faiblesse musculaire, prise de médicament et de traitement nécessitant du matériel, etc.

Si nécessaire aidez-vous d’internet pour faire des recherches sur votre maladie et pour mieux la connaître. Il est possible que vous n’ayez pas tous les symptômes, mais gardez à l’esprit que certains symptômes peuvent apparaître ultérieurement.

Je vous conseils fortement de tout noter sur papier. Cela vous facilitera grandement la tâche pour la suite et vous évitera d’oublier un élément important. Il serait vraiment dommage de réaliser ultérieurement une incompatibilité entre votre travail et votre maladie chronique.

Si le diagnostic de votre maladie est récent et que vous n’avez pas encore tous les tenants et aboutissants, prenez bien le temps de vous informer auprès des différents médecins. Laissez-vous aussi le temps de digérer le choc de l’annonce avant de prendre des décisions. Ce temps de digestion peut prendre quelques jours à plusieurs années en fonction des individus.

Une fois les contraintes de votre maladie notées, passons à la phase suivante, l’étude de votre situation professionnelle.

Faire un bilan sur votre situation professionnelle

Vous avez pris connaissance récemment de votre maladie ? Votre maladie se dégrade ? Vous occupez un nouveau poste qui ne vous convient pas ? Faire un point sur votre situation professionnelle s’impose.

Pour ce faire, rien de tel que le bilan de compétences. J’en ai réalisé à l’âge de 24 ans, et cela m’a beaucoup aidé. Je regrette toutefois de ne pas avoir suffisamment pris en compte ma maladie lors de ce bilan.

Le bilan de compétences permet de faire un point sur l’ensemble de son parcours professionnel. Il vous permettra de réaliser l’ensemble de compétences et connaissances que vous avez déjà acquis. Le bilan de compétences vous aidera aussi à prendre du recul sur votre situation. Il a pour but l’étude de l’ensemble de votre environnement, de vos qualités personnelles, de vos valeurs, etc. Il vous aidera à faire le point sur les métiers qui vous correspondent et les éventuelles formations manquantes. Cela facilitera grandement une reconversion ou un aménagement de votre travail actuel.

Le bilan de compétences est un booster qui motive, et rend plus réaliste ses rêves de changement de vie ou simplement de métier. En effet, toutes les contraintes et avantages d’autres métiers sont analysés. De même que l’adéquation avec ses motivations et sa maladie. Pour cela utilisez les contraintes de votre maladie listées précédemment et faites le pointage afin de vous assurer que tous les emplois sélectionnés sont compatibles.

C’est vous le principal acteur du bilan de compétences. Vous serez aiguillé et conseillé, mais c’est un travail sur soi et son passé qui nécessite d’être honnête envers soi-même pour être mené à bien.  Ce qui est génial c’est que le bilan de compétences vous permet de mettre le doigt sur des choses auxquelles vous n’aviez pas pensé. Le tout,  sous un angle très positif et constructif.

A noter que celui-ci peut être pris en charge par l’ANPE, l’Agefiph, CAP Emploi et certains organismes payés par les entreprises dans le cadre du 1% formation.

A l’occasion je ferai un article qui présentera un exemple de bilan de compétence. Cela donnera une idée plus claire de son utilité.

Rendre compatible votre travail et votre maladie chronique

Maintenant que vous avez une meilleure vision du métier qui vous correspond sur tous les plans, il est probable qu’il faille rendre celui-ci compatible avec votre état de santé.

Pour cela il existe une panoplie de solutions.

Adapter ses horaires est la première solution. Si vous devez manger à heure fixe pour prendre vos médicaments, il faut éviter le travail de nuit. Si vous devez quitter votre lieu de travail plus tôt pour réaliser un traitement spécifique, un travail de fonctionnaire ou un poste dans le domaine de la santé peut être la solution. Vous ne pouvez faire 2 jours d’affilée ? Un système de roulement peut être mis en place. Vous n’arrivez pas à tenir une journée complète ? La sieste peut être une solution, à condition de trouver un lieu approprié pour cela.

Un temps partiel thérapeutique peut aussi être envisagé, sans forcément subir une baisse de salaire. Il est important de voir ou de revoir son emploi du temps afin de l’adapter.

Le télétravail est aussi une solution permettant d’éviter les déplacements fatiguants en voiture ou transport en commun. Le télétravail évite de travailler dans un environnement nocif pour vous (poussiéreux, froid, bruyant, etc.). Il facilite aussi la prise d’un traitement de façon régulière et constante. Je vais rédiger un article spécifique sur le sujet tant il y a de choses à en dire.

Quelles que soient les solutions, le seul moyen pour les mettre en œuvre est d’en parler à son employeur et son médecin du travail. Ce n’est pas une étape facile à franchir, mais si votre santé le nécessite n’hésitez pas un instant.

L’accompagnement des travailleurs atteints de maladies chroniques

Les acteurs comme les médecins du travail, les médecins traitants et les employeurs sont capables de vous accompagner pour aménager votre poste de travail ou faciliter votre retour au travail.

Leur rôle est de définir ou de redéfinir un poste de travail pour la personne malade. Le problème c’est que ces acteurs travaillent bien souvent seuls et ne se synchronisent que trop rarement.

C’est donc à vous de faire le relais entre chacun de ces acteurs. C’est à vous de leurs expliquer quelle est votre situation personnelle, professionnelle, les contraintes ou handicaps causés par la maladie. Votre médecin traitant ignore les problématiques que vous rencontrez en entreprise si vous ne lui expliquez pas. Il en est de même pour le médecin de travail qui ne connait pas votre environnement personnel. Le lien, c’est vous.

Il existe aussi de nombreux dispositifs vous permettant d’être accompagné (invalidité, reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé, etc.). Ils sont nombreux et il est difficile d’y voir clair et de bien connaître ses droits. Le mieux est de demander conseil auprès de votre médecin traitant et de votre médecin du travail.

Je vous conseille aussi de lire l’excellent guide « Maladies chroniques et emploi » créé par Chroniques associés et AIDES. Il est très complet et vous aidera à y voir plus clair dans l’ensemble des dispositifs et acteurs à votre disposition.

Conclusion

Travailler est une façon de rester sociable, de rester connecté avec la vie, avec ses collègues. J’ai constaté que le fait de passer du jour au lendemain du statut de « Mec en bonne santé » à « Malade » m’a permis de faire le tri parmi mes collègues. C’est comme avec ses amis finalement, c’est lorsque l’on a besoin de soutien ou d’un coup de main que l’on voit réellement sur qui l’on peut compter.

Travailler oui, mais dans de bonnes conditions. Une fois que vous faites le travail qui vous convient, n’oubliez pas non plus d’anticiper l’évolution de votre maladie. Par exemple, lorsque j’ai créé mon entreprise, j’ai choisi un business qui puisse être entièrement automatisable à terme. Je vous invite d’ailleurs à lire mon article sur les revenus passifs. Les revenus passifs sont aussi une solution pour travailler moins.

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2 commentaires

  1. Ealet Gaëlle

    Bonjour. Je tiens à vous remercier et vous féliciter pour votre démarche. C’est une preuve de courage de vous investir ainsi, pour vous et tous ceux qui souffrent chroniquement. Je voulais juste vous apporter ce petit message de soutien. Merci d’apporter du bien-être. Bien cordialement à vous,

    Gaëlle Ealet

    1. Olivier

      Merci Gaëlle pour ces mots qui me vont droit au cœur et qui m’encouragent à continuer.

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